Histoire de Cassuéjouls

Cassuéjouls autrefois

Imaginez Cassuéjouls en 1911. La commune compte alors 315 habitants. On y trouve un bureau de poste et de télégraphe, deux écoles, cinq auberges, trois hôtels, trois épiceries, deux bouchers, un boulanger et de nombreux artisans : charpentiers, cordonniers, couturières, modiste, maréchaux-ferrants ou encore maçons.

Les jours de foire, les places et les rues s’animent. On vient vendre des animaux, conclure des affaires ou simplement profiter de la fête. Le lundi de Pâques est le grand rendez-vous de l’année : la foire se mêle à la fête du village, aux repas de famille et aux réjouissances qui se prolongent parfois tard dans les auberges.

Mais l’histoire de Cassuéjouls commence bien avant cette époque.

 

Un village né au Moyen Âge

Les origines exactes de Cassuéjouls restent difficiles à dater. On situe généralement la formation du village entre le XIᵉ et le XIIᵉ siècle.

Sa première mention écrite connue remonte à 1281 : Cassuéjouls apparaît déjà comme une paroisse. Le village possède ainsi plus de sept siècles d’histoire documentée.

Son nom pourrait être formé à partir de deux termes très anciens : cassanos, désignant le chêne, et ialos, la clairière ou le lieu. Cassuéjouls signifierait ainsi « la clairière aux chênes », un nom qui semble encore fait pour son paysage.

 

Une paroisse autrefois très peuplée

En 1524, les documents de l’époque indiquent environ 200 maisons et près de 1 200 habitants. Ces chiffres concernaient vraisemblablement l’ensemble de la paroisse et de ses nombreux hameaux, et non le seul bourg.

Pendant des siècles, la vie s’organise autour de la terre, de l’élevage, de l’église et des foires. La langue d’oc est celle du quotidien. Les connaissances agricoles, les récits et les traditions se transmettent principalement au sein des familles.

 

Le village entre dans la modernité

À partir de la fin du XIXᵉ siècle, Cassuéjouls change progressivement de visage. De nouvelles maisons sont construites, notamment grâce à des habitants partis travailler à Paris. En 1892, un bureau de poste est créé et, l’année suivante, une nouvelle rue est percée dans le bourg.

En 1910, un premier service régulier d’autobus relie Cassuéjouls à Aurillac en passant par Entraygues et Saint-Amans-des-Cots. Le retour au pays des habitants installés à Paris devient alors beaucoup plus facile.

Une seconde ligne, passant par Mur-de-Barrez et Sainte-Geneviève, est ensuite mise en place. En 1912, Cassuéjouls devient même le terminus de deux services d’autobus.

La commune espère alors voir passer une ligne de chemin de fer reliant Espalion à Aurillac. En 1912, le conseil municipal soutient officiellement un tracé passant par Cassuéjouls et Mur-de-Barrez. Très attendu dans le nord de l’Aveyron, ce chemin de fer ne verra pourtant jamais le jour.

Un siècle plus tard, la population officielle en vigueur en 2026 est de 107 habitants, soit environ un tiers de celle de 1911. Les maisons, les places et le patrimoine du village conservent néanmoins la mémoire de cette époque animée.

 

Le « Jardin de la Montagne »

Pour découvrir Cassuéjouls dans toute son étendue, le prêtre Planhard recommandait de monter de bon matin jusqu’à la croix d’Auriac, sur le Puech d’Ambournies, à 1 021 mètres d’altitude.

Depuis cette hauteur, il décrivait un immense panorama allant des monts du Cantal au plateau de l’Aubrac, avant de contempler Cassuéjouls, ses vallées, ses bois et ses hameaux.

Il évoquait un village « si agréable quand on l’habite, et toujours présent à l’esprit quand on doit vivre loin de lui ». Pour lui, Cassuéjouls était le « Jardin de la Montagne », surnom que le village porte encore aujourd’hui.

 

Sources

B. Planque, Cassuéjouls, les Hauts du Rouergue – 1800-1940, 2007.

Roger Brunet, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France⁠, CNRS Éditions, 2016, pour l’origine du nom de Cassuéjouls.

Insee, Populations de référence 2023 – Commune de Cassuéjouls⁠, données entrées en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026.

Tourisme Aveyron, Le Jardin de la Montagne – Cassuéjouls⁠.